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Sommet de Copenhague sur le climat : une rencontre mi-figue, mi-raisin ?

06-12-2009


par UMP-National - voir la rubrique - imprimer l'article

Le protocole de Kyoto est un programme international de lutte contre le changement climatique par la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Ce dernier a été négocié en 1997. 175 pays se sont engagés pour atteindre d’ici 2012, un objectif quantitatif : celui de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 5 pourcents par rapport aux émissions répertoriées en 1990. Les engagements de Kyoto prenant fin début 2013, un accord international de lutte contre le réchauffement climatique devra prendre sa succession : c’est l’enjeu des négociations du Sommet de Copenhague qui se déroulera dans la capitale danoise dès le mois prochain !

Aussi, en quoi consiste ce Sommet de Copenhague, tant médiatisé ces derniers temps ? Les Etats industrialisés, les pays en voie de développement et les pays émergents doivent s’accorder sur les mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre au sein de leur pays, avec des objectifs à court, moyen et long terme. Concrètement, un accord de Copenhague, sur les différentes mesures de lutte contre le réchauffement climatique à mettre en œuvre dans tous les pays participants, devra être signé : développement des énergies renouvelables, réduction du recours aux énergies fossiles, amélioration de la performance énergétique des bâtiments, contraintes sur certaines industries polluantes, recours aux véhicules moins émetteurs de CO2, développement des transports collectifs…

Quelles sont les principales pistes à suivre ? On connait le dilemme du prisonnier : trois complices sont dans une cellule, ils auraient intérêt à coopérer entre eux, mais chacun joue son propre jeu. Une application de la théorie des jeux à la réunion de Copenhague. La préoccupation essentielle avant le Sommet de Copenhague vient depuis quelques mois, du classique dilemme du prisonnier : les États-nations auraient tout intérêt à coopérer pour éviter le pire, mais l’attrait de gains qu’ils croient pouvoir obtenir aux dépens des autres semble les pousser inexorablement vers une toute autre solution. Au centre de ce jeu se trouvent les trois plus grands émetteurs de gaz à effet de serre : la Chine, les États-Unis et l’Union européenne (en 2007, ils représentaient respectivement 21 %, 20 % et 14 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre). Si une seule de ces trois puissances se tenait à l’écart d’un éventuel accord à Copenhague, celui-ci serait privé de toute portée réelle.

La sortie idéale de négociation de Copenhague est la suivante : les États-Unis et l’Union européenne donnent l’exemple de politiques ambitieuses pour ouvrir la voie à un accord proche du consensus scientifique, fédèrent autour de cet accord les pays développés pour finalement convaincre la Chine et les pays émergents d’accepter un mode durable de développement économique garanti par des cibles contraignantes de réduction de gaz à effet de serre. Ainsi, un seul des trois moins bons élèves en matière d’émission de gaz à effet de serre, ici la Chine, aura l’avantage d’abattre en dernier ses cartes. Cette position privilégiée de la Chine au cours du Sommet de Copenhague découle de la responsabilité historique des pays développés dans le changement climatique. 77 % des émissions cumulées depuis le 18e siècle sont imputables de premier chef, aux pays industrialisés (la Chine est responsable d’environ 7 pourcents de ce total, soit dix fois moins). D’autre part, près de la moitié de l’augmentation de la part chinoise dans les émissions mondiales (de 14 % à 21 %, entre 2002 et 2007) peut être attribuée aux exportations de biens manufacturés vers les pays développés et non à des sources intérieures chinoises. La Chine polluerait-elle donc beaucoup pour satisfaire les besoins des pays du Nord ? La réflexion semble succincte mais évidente…

Dans cette perspective, le Sommet de Copenhague prévu le mois prochain, va faire couler encore beaucoup d’encre… Au cours du Sommet de Copenhague, les Etats devront trouver une solution à deux questions essentielles : · Les pays industrialisés vont-ils s’accorder sur des objectifs ambitieux de réduction de leurs émissions à court, moyen ou long terme ? · Les pays industrialisés vont-ils fournir les financements nécessaires au monde en développement pour qu’il s’adapte et atténue son impact sur le climat ?

Le débat est ouvert…

Aude Steinmetz

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